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Circulation aérienne - Division de l'espace aérien

L'espace aérien français est partagé en trois types de zones :

- les zones contrôlées par les services du contrôle aériens
- les zones non contrôlées
- les zones à statut particulier (
zones qui comportent un danger ou qui sont interdites à la circulation aériennes civile)

 

decoupage_espace_aerien.gif

1. Les classes d'espace


L'espace aérien est divisé en classes d'espace. Ces classes, au nombre de sept, associent à des zones tridimensionnelles dans l'espace aérien une lettre, de A à G, qui détermine le niveau de contrôle de la zone en question, à savoir :

- un ensemble de procédures auxquelles doit se conformer le pilote (vitesse limitées, conditions météo minimales),
- un ensemble de règles qu'il doit respecter,
- les conditions VMC requises pour le vol à vue dans cet espace
- mais également un ensemble de services dont bénéficie le pilote lorsqu'il circule dans la zone (information de trafic...).

 
classes_france.gif

En simplifiant, on peut dire que le vol est plus encadré et plus sûr dans un espace de classe A alors qu'il est plus libre en classe G. Cependant la classe A est la plus restrictive : le vol à vue y est interdit par exemple.

 

CLASSE A

CLASSE B

CLASSE C

CLASSE D

CLASSE E

CLASSE F

CLASSE G

Nom de l'espace

UTA (Upper Traffic Area)

   

LTA (Lower Traffic Area)

     

Statut de l'espace

vol VFR interdit

contrôlé

contrôlé

contrôlé

contrôlé

non contrôlé

non contrôlé

Séparations assurés par l'organisme au sol

 

entre VFR/VFR et VFR/IFR

entre VFR/IFR

entre VFR spécial/IFR

entre VFR spécial/IFR

NON

NON

Information de trafic

 

NON

OUI VFR/VFR

OUI IFR/VFR VFR/VFR

OUI VFR spécial

NON

NON

Statut du vol

 

contrôlé

contrôlé

contrôlé

non contrôlé sauf VFR spécial

non contrôlé

non contrôlé

Nécessité de clairances

 

OUI

OUI

OUI

non sauf VFR spécial

NON

NON

Obligation du contact radio

 

OUI

OUI

OUI

Non sauf VFR spécial

NON

NON

Altitude

     

au-dessus du plus élevé des 2 niveaux suivants : FL 115 ou 3000 ft ASFC (900 m) jusqu'au FL 195 inclus

   

en dessous du FL 115 (en France) sauf pour les voies aériennes et les CTA/TMA

 

1.1 Vol contrôlé

Le pilote bénéficie soit de la séparation soit de l'information de trafic concernant les autres vols contrôlés. En contrepartie, il doit obligatoirement contacter par radio l'organisme chargé du contrôle avant d'entrer dans l'espace et suivre les clairances données par le contrôle.

Les vols VFR contrôlés qui reçoivent une « information de trafic » peuvent, à leur demande, avoir une suggestion de manoeuvre d’évitement.

1.2 Vol non contrôlé

Le pilote peut évoluer librement dans le respect des règles de l'air et des exigences propres à l'espace dans lequel il évolue. Il peut bénéficier de l'information de vol si elle existe. L’information de trafic est maintenant fournie, dans la mesure du possible, aux vols VFR évoluant en espace de classe E. L’information de trafic n’est donc plus réservée aux vols contrôlés.

1.3 Vol sur la limite qui sépare deux espaces

Le vol se fait selon les conditions applicables à la classe qui vient en dernier sur l'ordre alphabétique : le pilote respecte les conditions de l'espace le moins restrictif.

2. Partition de l'espace aérien


decoupage_espace_aerien.png

Découpage de l'espace aérien à proximité des aéroports


decoupage_espace_aerien2.png

Découpage de l'espace aérien en vol


2.1 Régions d'information de vol (FIR pour Flight Information Region)

Une région d'information de vol ou FIR (Flight Information Region) est une division de l'espace aérien dans laquelle le contrôle aérien garantit le service d'information en vol qui fournit les données utiles à la sécurité du vol et le service d'alerte qui prend en charge les appareils en détresse. Il n'existe pas de règlements internationaux concernant les dimensions d'une FIR. Ainsi, certains pays n'en comportent qu'une alors que l'espace aérien d'autres nations est divisé en plusieurs.

Le ciel français est composé de cinq FIR, limitées par une altitude de 19 500 pieds, soit environ 5 900 mètres.
Les FIR sont gérées par un centre de contrôle : chacune d'entre elles est placée sous la responsabilité d'un Centre en Route de la Navigation Aérienne (CRNA). Au-dessus de ces FIR s'étend un espace aérien unique appelé région d'information supérieure ou UIR (Upper Information Region). Elle va du niveau FL 195 (exclu) au FL 660.

Chaque FIR est munie d'un centre d'information de vol (CIV) ou de secteurs d'information de vol (SIV) qui fournissent le service d'information de vol aux aéronefs qui se trouvent dans la FIR.

Horizontalement, l'espace est divisé en tranches :

  • L'espace aérien inférieur (LTA, Lower Traffic Area) du niveau 115 (exclu) au 195 (inclus), 3 400 m à 5 800 m, espace contrôlé principalement de classe D, en résumé, contact radio obligatoire ; cet espace est de classe E au-dessus des Alpes , des Pyrénées et de la haute mer (au-delà de 12 NM des côtes) afin de permettre aux planeurs de rentrer dans cet espace sans contact radio ;
  • L'espace aérien supérieur (UTA, Upper Traffic Area) du niveau 195 (exclu) au 660, 5 800 m à 20 000 m, espace contrôlé de classe C depuis novembre 2004, en résumé, réservé aux aéronefs en régime de vol aux instruments (IFR) et à certains VFR sur réservation de zone.

2.2 Les voies aériennes (AWY pour AIRWAY)

Les routes aériennes (AirWaYs - AWY) sont les routes du ciel. Ce sont des sortes de tubes ou couloirs dans lesquels les appareils sont strictement contrôlés et séparés, aussi bien verticalement que horizontalement.

espace_aerien.png

Elles ont généralement une largeur de 10 NM (18,5 km). Leur axe est défini par des balises de radionavigation, leur plafond est le FL 195 et leur plancher est variable.

Elles sont de classe D au-dessus du plus élevé des 2 niveaux FL 115 ou 3000 ft ASFC et de classe E au dessus.

2.3 Les régions de contrôle (CTA pour Control Traffic Area) et les régions de contrôle terminales (TMA pour TerMinal Control Area)

CTA

Le terme de CTA est un mot générique désignant les zones contrôlées dont la limite inférieure ne touche pas le sol par opposition à la CTR  qui va jusqu'au sol. L'exemple le plus fréquent est la TMA.

Les CTA sont des espaces aériens contrôlés surplombant les aérodromes importants et de taille moyenne. Elles englobent les trajectoires IFR de départ, de transit, d'arrivée et d'attente.

Ce sont des espaces de classe A, B, C, D ou E. En France, la majorité sont de classe D et E. La TMA de Paris est de classe A : elle est interdite aux vols VFR.

Leur plancher se situe au minimum à 700 ft (200 m) au-dessus du sol, elles surplombent souvent des zones de contrôle (CTR). Leur plancher est variable.

La carte aéronautique n'est renseigné que jusqu'a 5000 ft AMSL ou 2000 ft ASFC).

TMA

A proximité d'un ou plusieurs aéroports relativement proches, les routes se "déversent" dans des zones de relativement grandes dimensions dites "TMA" (Terminal Manoeuvring Area). La TMA a pour but de protéger les trajectoires de départ et d'arrivée entre les routes et les aéroports. Les TMA sont également qualifées par une classe.

Ces zones qui se présentent souvent en plusieurs couches de dimensions de moins en moins grande lorsqu'on s'approche du sol (à la manière d'entonnoirs) font la liaison entre les routes et les aéroports. A l'intérieur de certaines TMA (il y en a de plusieurs types), le trafic VFR peut éventuellement s'aventurer à condition d'y avoir été explicitement autorisé par le contrôle aérien compétent. Cette autorisation va toujours de pair avec une altitude, un cap et une vitesse qu'il s'agit donc de maintenir durant la traversée de la TMA, sauf instruction contraire du contrôleur.

Il n'est pas rare que l'on puisse passer en VFR au-dessous d'une TMA (voire même au-dessus) sans même en demander la permission à quiconque. Chaque TMA est définie par sa forme géographique et par ses altitudes de base et de sommet. C'est là encore une raison supplémentaire de bien étudier sa carte aérienne avant le vol.
Une TMA peut desservir un ou plusieurs aéroports.

Selon le type de TMA, la pénétration par inadvertance peut entraîner une réaction qui va du rappel à l'ordre énergique à la suspension (voire la suppression) de la licence de vol.

2.4 Les zones de contrôle d'aérodrome (CTR pour Control Traffic Region)

Encore plus proche d'un aéroport se trouve sa CTR qui va de la base de la dernière TMA jusqu'au sol. La CTR entoure l'aéroport et ses circuits de piste(s) et est destinée à permettre la meilleure gestion possible des atterrissages et des décollages. Elle ne dessert qu'un seul aéroport sauf s'il existe un second aérodrome très proche dont la circulation pourrait interférer avec celle de l'aéroport principal. Sa forme est la plupart du temps circulaire ou ovale.

ctr.png
 

Les CRT sont également qualifiées par une classe. En France, le plus souvent elles sont de classe D ou E.

De petites dimensions, elle n'excède pas une dizaine de km de rayon et s'étend de la surface du sol jusqu'à un plafond qui ne dépasse pas en général 3000 ft (900 m) au-dessus du niveau de la mer ou 1000 ft (300 m) au-dessus du sol.  Leur limite horizontale et verticale se trouve dans les cartes aéronautique 1/500 000 et 1/1000 000 et dans les cartes d'approche à vue.

Les appareils évoluant dans une zone CTR sont placés sous la responsabilité des contrôleurs aériens de la tour de contrôle qui surveillent cette portion de l'espace aérien à la fois visuellement e à l'aide de radars. On n'y passe pas en VFR, sauf pour atterrir et décoller, et naturellement après avoir demandé et obtenu l'autorisation expresse d'y pénétrer. L'autorisation est assortie d'une procédure à suivre (points, caps et altitudes).

2.5 Les zones à statut particulier (R, D, P)

D : zones dangereuses. Leur pénétration ne nécessite pas de clairance préalable mais présente un danger pour les aéronefs (informations dans le complément aux cartes aéronautiques) et le pilote prend seul la responsabilité d'y pénétrer : champs de tir, zone d'entraînement militaire, centrale nucléaire, grand barrage...

R : zones réglementées. Il s'agit le plus souvent de zones d'entraînements militaires qui ne sont pas actives en permanence et dont la pénétration peut être interdite pendant les heures d'activité. Leur pénétration, quand elle est autorisée, est soumise à certaines conditions (contact radio, clairance, informations dans le Complément d'aide à la navigation).

TSA : zone de ségration temporaire et CBA : zone transfrontalière. Zones réglementées à gestion particulière, imperméables aux vols VFR pendant leur activité.

P : interdites (prohibited). Espaces fermés à la circulation aérienne générale.

Les limites horizontales et verticales et les noms de ces zones (D155, P63,...) se trouvent dans les cartes aéronautiques 1/500 000 et 1/1000 000.

Les organismes qui les gèrent, les fréquences à contacter et les heures (en heures UTC Universal Time) d'activité se trouvent dans le Complément aux cartes aéronautiques.

3. Résumé de l'espace aérien
 

resume_espace_aerien.png


 


Glossaire

Cap

Angle entre le nord et l'axe du fuselage. Il peut être magnétique, (cap magnétique) s'il est mesuré par rapport au nord magnétique ou géographique (cap vrai), s'il est mesuré par rapport au nord géographique.

Circulation aérienne

Règles très strictes ayant pour fonction d'assurer la régularité et la rapidité du trafic ainsi que d'assurer la sécurité des vols (collisions entre appareils,  sécurité des personnes et des biens transportés).

Clairance

Autorisation donnée à un pilote par un contrôleur aérien d'exécuter une phase de vol (roulage, décollage, approche, atterrissage…).

Visual Meteorological Conditions

Conditions météorologiques minimum permettant le vol à vue ou vol VFR.

Détresse

État caractérisé par la menace d’un danger grave et/ou imminent et par la nécessité d’une assistance immédiate. Le signal de détresse est MAYDAY prononcé de préférence trois fois.

Espace aérien

L'espace aérien est divisé en classes correspondant à un ensemble de règles à respecter (vitesse limitées, conditions météo minimales), mais également à un ensemble de services dont bénéficie le pilote lorsqu'il circule dans la zone (information de trafic...).

Pied (ft)

Un pied équivaut à 30,48 cm. Ainsi, un avion de ligne qui vole à 12 000 mètres évolue à une altitude de 39 000 pieds.

ft (feet, pied)

Un pied équivaut à 30,48 cm. Ainsi, un avion de ligne qui évolue à 12 000 mètres vole à une altitude de 39 000 pieds.

Vol IFR

Le vol IFR (vol aux instruments) se fait à l'aide des références données par les instruments de bord.

Information de trafic

Service rendu par le contrôle aérien, il indique aux pilotes la position des aéronefs susceptibles de s'approcher dangereusement de son appareil.

Information de vol

Données permettant aux pilotes d'assurer la sécurité de leur vol (position de l'appareil, météo, trafic aérien, état des équipements des aérodromes...) .

Licence

Titre limité dans le temps donnant le droit au titulaire d'un brevet (titre acquis définitivement) d'exercer à bord d'un aéronef les fonctions correspondantes à ce brevet.

Radionavigation

Guidage des avions à l'aide d'ondes radioélectriques émises par les radiophares et les radiobalises.

Service d'alerte

Consiste à répondre à tous les besoins des avions qui se disent en détresse, ou dont on peut penser qu'ils sont en détresse.

UTC

Heure de référence internationale. Lorsqu'il est 0 heure UTC, il est minuit à Greenwich (Angleterre), sur le méridien de longitude zéro.

VFR

Le vol VFR ou vol à vue se fait à l'aide de repères visibles à l'extérieur  : horizon, observation du sol.

Vol aux instruments

Type de vol dans lequel le pilotage s'effectue à l'aide des indications des contrôleurs aériens et des instruments de bord (sans repères visuels).

Zone de contrôle (CTR)

Partie de l'espace aérien centrée sur un aérodrome. dont la fonction est de permettre la meilleure gestion possible des atterrissages et des décollages.

Balise

Objet, dispositif qui permet de guider, de faire suivre un tracé précis.

FIR (Flight Information Region)

Division de l'espace aérien dans lequelle le contrôle aérien est assuré. Au-dessus des FIR s'étend un espace aérien unique appelé région d'information supérieure ou UIR (Upper Information Region).

AMSL

Une altitude AMSL ("Above Mean Sea Level", au-dessus du niveau moyen de la mer) donne l'altitude par rapport au niveau de la mer. Le calage altimétrique donnant cette altitude est le calage dit "QNH". Ou encore AAL "Above Airport Level" (au-dessus du terrain).

Date de création : 25/06/2009 @ 19:54
Dernière modification : 02/02/2012 @ 18:16
Catégorie : Circulation aérienne
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Réactions à cet article


Réaction n°6 

par JEANLOUIS1212 le 22/04/2012 @ 18:03

Merci- C'est trés clair- Jean louis

Réaction n°5 

par foxhotel13 le 07/04/2011 @ 19:57

Pour information, le cas des AWY me semble très litigieux :

Il est exact de dire qu'au point de vue de la règlementation les vols VFR sont autorisés dans les AWY.

Cependant, étant donné que les AWY sont des espaces de classe d'espace E sous la LTA et D au-dessus, cela implique qu'aucun espacement n'est effectué par rapport aux vols IFR. De plus, en classe d'espace E, les vols VFR n'ont pas obligation d'avoir un contact radio avec l'organisme gestionnaire.

Le problème est qu'à l'intérieur de ces AWY, les vols IFR sont généralement en évolution (en montée ou en descente).

C'est pourquoi, en pratique, d'un de vue de la sécurité des vols, et pour en avoir discuté avec les contrôleurs civils, les vols VFR sont quasi systématiquement refusé.


Réaction n°4 

par webmaster le 07/04/2011 @ 18:58

C'est corrigé foxhotel13. Merci.

Réaction n°3 

par foxhotel13 le 05/04/2011 @ 17:04

Etes- vous certain que les AWY soient interdits pour les VFR?

Si tel est le cas pourquoi ce ne sont pas des espaces aériens de classes A?


Réaction n°2 

par didier le 26/11/2010 @ 16:55

Depuis le temps que je cherchez à comprendre au moins c'est clair Merci

Cordialement Didiern

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