Aéronautique
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Aérodynamique - Pourquoi l'avion vole
L'aérodynamique est la partie de la physique qui étudie les effets de l'air et des gaz sur les déplacements des corps solides
L'aérodynamisme qualifie le comportement d'un corps en mouvement dans l'air et sa résistance à l'avancement. Un corps aérodynamique offre peu de résistance à l'air. En aéronautique, on recherche le meilleur compromis entre la portance qui favorise le vol et la trainée due aux frottements de l'air sur la surface de l'appareil qui s'y oppose (et qui augmente en particulier la consommation en carburant).
1. ModélisationUn avion se déplaçant à une certaine vitesse par rapport à l'air ambiant se comporte d'un point de vue aérodynamique comme un avion à l'arrêt sur lequel souffle un vent de même vitesse. C'est ce principe qui est utilisé dans les souffleries. On parle ainsi de vent relatif : les raisonnements sur un avion en déplacement ou sur un avion "soufflé" sont voisins. L'écoulement de l'air autours de l'avion peut être modélisé par des "tubes de courant", sortes de tuyaux de section variable, dont la forme "suit" l'écoulement. On arrive donc à les matérialiser dans une soufflerie à l'aide de fins jets de fumée placés en amont de l'avion. ![]()
Avec l'augmentation de la vitesse, la compression de l'air forme des ondes de choc qui affectent la structure de l'appareil. En vol subsonique (en-dessous de la vitesse du son), les zones d'air en surpression se déplaçant à la vitesse du son ont le temps de se dissiper autour de l'appareil. Quand l'écoulement de l'air autour de l'avion atteind la vitesse du son (cette dernière varie en fonction de l'altitude et de la température), il se produit un phénomène de concentration des ondes de surpression dont l'accumulation forme un véritable mur d'air compressé. Ce phénomène accompagne l'avion tant qu'il dépasse la vitesse du son, c'est pourquoi le "bang" que l'on peut entendre ne correspond pas au franchissement du mur du son. Le "bang supersonique" est en fait l'arrivée au sol de cet air sous haute pression.
Le Mach mesure le rapport de la vitesse de l'avion par la vitesse du son. A Mach 1, l'avion vole à la vitesse du son.
![]() 2. Écoulement d'air autour d'un objet
Lorsqu'un avion est placé dans un courant d'air, l'air contourne l'aile par le haut et par le bas. Par opposition à l'intrados qui désigne la surface inférieure de l'aile d'un avion, l'extrados désigne sa surface supérieure. Alors que l'intrados peut être plat, concave ou convexe, l'extrados est toujours convexe. L'important est que l'air y circule plus rapidement que sur l'intrados, c'est-à-dire qu'il ait une distance plus grande à parcourir dans le même temps. En application du principe de Bernoulli, il s'exerce alors sur l'extrados une pression inférieure à celle qui s'exerce sur l'intrados : c'est de cette différence de pression que résulte la poussée verticale appelée portance qui maintient l'avion dans les airs.
Le "bord d'attaque" est le point extrême avant de l'aile et le "bord de fuite" le point extrême arrière.
L'écoulement d'air sur les ailes d'un avion revêt différents aspects : ![]() - Quand les filets d'air suivent des trajectoires rectilignes et parallèles, il est dit "laminaire". C'est le cas quand l'angle avec lequel l'aile attaque l'air est faible, l'air épouse alors l'intégralité du profil de l'aile. - Quand cet angle augmente, l'écoulement devient "turbulent". Les filets d'air se décollent de la surface supérieure de l'aile, la portance augmente et l'avion s'élève. - Si l'angle d'attaque augmente encore, l'écoulement est dit "tourbillonnaire". Les filets d'air se décollent du bord d'attaque de l'aile. L'écoulement le long de l'aile devient désordonné et les filets d'air se mélangent. La portance commence à diminuer jusqu'à provoquer le décrochage de l'appareil. 3. Force agissant sur un profil : la résultante aérodynamique3.1 Relation vitesse-pression dans un tube de courant : le tube de Venturi
Le tube de Venturi (du nom d'un physicien italien du 18ème siècle) est un tuyau court présentant un resserrement interne. On l'utilise pour mesurer le débit des fluides. On peut le représenter par l'assemblage de 2 entonnoirs.
La quantité d'air qui passe à l'entrée du tube est identique à celle qui passe au col (passage le plus étroit) et à la sortie : le débit de l'air est constant. Seules les vitesses sont différentes : il se produit une accélération des particules d'air au rétrécissement du tube, jusqu'au passage du col. Puis, la vitesse du vent diminue et retrouve, à la sortie, sa vitesse d'origine. Un fluide qui passe dans un tel tuyau voit sa pression baisser par le fait de franchir le resserrement, en même temps que sa vitesse s'accroît. En clair, cela signifie que si la section du tube décroit, la vitesse des filets d'air doit alors nécessairement augmenter. Quand la vitesse du fluide augmente, sa pression diminue. En résumé :
Conclusion : la pression diminue quand la vitesse d'un fluide augmente dans un tube de courant. Ainsi, la pression varie dans le sens inverse de la vitesse : plus un fluide accélère, plus la pression de ce fluide diminue. 3.2 Comment créer une force portante ?3.2.1 La résultante aérodynamique
Nous avons vu grâce au tube de Venturi, que la pression varie dans le sens inverse de la vitesse : plus le fluide accélère, plus la pression du fluide diminue.
![]() 3.2.1 L'incidenceAinsi que nous l'avons vu plus haut, la déformation des tubes de courant au voisinage de l'aile est génératrice de la dépression à l'extrados et de la pression à l'intrados.
les filets d'air à l'extrados augmentent de vitesse suite à la courbure, il se crée donc une dépression : l'aile est aspirée vers le haut La résultante aérodynamique est d'autant plus grande que l'angle formé entre l'aile et le vent relatif, appelé incidence, est important.
Résultante aérodynamique et incidence sont liées On appelle corde du profil, la droite joignant le bord d'attaque et le bord de fuite. L'incidence est donc l'angle formé par la corde de profil et la direction du vent relatif. Cet angle peut être positif, nul ou négatif. Dans la pratique, la corde de profil n'étant pas concrètement matérialisée, l'incidence est comptée à partir d'une référence liée à l'avion grâce à un axe défini par rapport au fuselage. 3.2.3 L'incidence et le tourbillon de PrandtlDu fait de la forme de l'aile et surtout lorsque l'incidence n'est pas nulle, l'écoulement autours de l'air est dissymétrique : c'est l'équivalent d'un tourbillon, appelé "tourbillon de Prandtl", du nom de l'aérodynamicien allemand qui l'a décrit le premier.Cette dissymétrie de l'écoulement est la cause de l'apparition de la résultante aérodynamique. Les trois phénomènes suivants sont donc étroitement liés et indissociables : augmentation de l'incidence, augmentation de la force portante et augmentation du tourbillon de Prandtl. Ce tourbillon explique la forme particulière que prend la turbulence créée par les avions. 3.2.4 Décomposition de la résultante aérodynamique en portance et traînéeUn avion placé dans un écoulement subit la résultante aérodynamique. Cette force peut être portante si le profil de l'aile a la forme et la position adéquate. Elle est orientée vers le haut et légèrement vers l'arrière.![]()
Effet porteur et freineur de la résultante aérodynamique
La résultante aérodynamique agit de deux manières sur l'avion :
Conventionnellement, la résultante aérodynamique RA peut être décomposée en deux forces correspondant à deux effets : - la portance ZA, perpendiculaire au vent relatif (donc pas toujours verticale) , qui a un effet porteur, entraînant l'avion vers le haut - la traînée XA, parallèle au vent relatif, qui s'oppose au déplacement de l'avion Sur un planeur XA/ZA = 1/60, sur un avion XA/ZA = 1/15 ![]()
La résultante aérodynamique se décompose en portance et traînée
La portance est perpendiculaire au vent relatif, donc pas toujours verticale, comme dans le cas d'un avion de voltige en montée très accentuée. Dans ce cas, le vent relatif est presque vertical puisque la trajectoire est elle aussi presque verticale. ![]()
La portance est perpendiculaire au vent relatif
4. Conséquences du tourbillon de PrandtlA l'extrémité de l'aile vont apparaître des phénomènes particuliers : la surpression de l'intrados a tendance à aller combler la dépression d'extrados en contournant l'extrémité de la voilure.En effet, en bout d'aile, ne rencontrant plus de surface qui le "guide" dans le sens de l'écoulement, le tourbillon se replie sous l'effet du vent relatif. Pour une aile de profil classique, la surpression qui règne sous l'intrados fournit 25 % de la force de sustentation. Les 75 % restants sont dus à la dépression qui intéresse l'extrados. C'est pourquoi on entend souvent dire qu'une aile est davantage "aspirée" vers le haut qu'elle n'est "portée". Comme l'avion avance, le mouvement de rotation ainsi amorcé crée un tourbillon à chaque extrémité d'aile, que l'on appelle tourbillon marginal.
Ce tourbillon marginal a deux conséquences : la traînée induite et la turbulence de sillage. ![]()
Le tourbillon de Prandtl se replie en bout d'aile 4.1 La traînée induite
La mise en mouvement d'une grande quantité d'air va entrainer la création d'un vortex. Cette dépense d'énergie va se traduire par une résistance à l'avancement de l'avion, donc à une traînée. Cette traînée est la composante arrière de la portance, perpendiculaire à l'écoulement amont, alors que ce dernier s'incline vers le bas. La traînée induite est donc une conséquence directe du tourbillon, c'est une traînée supplémentaire à la traînée propre du profil, elle est proportionnelle au carré de la portance et inversement proportionnelle à l'allongement.
La traînée totale d'un avion est en fait la somme de trois traînée d'origines différentes : - la traînée induite, conséquence directe et incontournable du tourbillon de Prandtl, induite par la portance - la traînée dite "de frottement" causée par le frottement de l'air sur le revêtement de l'avion - la traînée "de profil", dont la description est plus complexe et qui est générée par la zone turbulente existant au voisinage du bord de fuite
La deuxième conséquence du tourbillon marginal est l'apparition du vortex en bout d'aile, sorte de tourbillon qui s'enroule sur lui-même et dont le diamètre augmente au cours du temps. C'est un phénomène dangereux. En effet, de faible importance sur les avions légers, il peut prendre des proportions considérables dans le cas d'avion plus lourds : un avion de faible masse qui suivrait un tel appareil risquerait d'être emporté par le vortex jusqu'à se retrouver "sur le dos", sans que le pilote ne puisse s'y opposer. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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5. Facteurs influençant la résultante aérodynamique
Pour que le vol soit possible, la portance ZA doit compenser le poids et rester à peu près constante. Le poids reste quasiment constant, mis à part les variations dues à la consommation de carburant. Par contre, la portance et la traînée dépendent de paramètres variables tels que la densité de l'air, la vitesse de l'écoulement, etc. Le pilote doit donc agir sur certains de ces paramètres, que l'on appelle paramètres "pilotés", pour compenser les variations des autres paramètres ou paramètres "subis".5.1 Relation entre les paramètres
La portance ZA et la traînée XA dépendent :
- de la masse volumique de l'air (rhô)
- de la vitesse de l'écoulement de l'air V
- de la surface alaire S
- de coefficients aérodynamiques notés CZ et CX, par analogie avec ZA et XA, qui varient avec l'incidence, la forme de l'aile et son état de surface
Formule de la portance : ZA = 1/2
Formule de la traînée : XA = 1/2
Le CZ traduit l'aptitude d'un volume (par exemple une aile d'avion), à transformer en portance les pressions exercées sur lui par les tubes de courant qui le contournent. C'est le reflet de l'aptitude d'un avion à se maintenir en l'air malgré son poids : sa dégradation (forte diminution) compromet cette aptitude.
Le CX est le coefficient de "défaut résiduel" générateur de traînée qui accompagne inévitablement la transformation des pressions en portance. Une forte augmentation du CX entraine une incapacité du moteur à fournir l'énergie nécessaire au vol.
Si on étudie le cas d'une voiture de tourisme, la "qualité" aérodynamique recherchée sera une résistance à l'avancement la plus faible possible, pour que la voiture consomme moins de carburant. Les constructeurs s'intéressent donc au CX : une voiture sera d'autant plus "sobre" qu'elle aura un CX faible.
Dans le cas d'un avion, on cherche à rendre possible la sustentation, on s'intéresse donc au CZ : le CZ d'un avion doit toujours être tel que la portance compense le poids. Mais on souhaite également que la sustentation n'entraine pas une trop grande dépense d'énergie nécessitant d'embarquer un moteur trop lourd. On cherche par conséquent à minimiser les défauts générateurs de traînée : on fait en sorte que le CX soit le plus faible possible.
5.2 Les paramètres subis
5.2.1 La masse volumique
La masse volumique diminue quand l'altitude ou la température augmente. Cela entraine une diminution de la résultante aérodynamique. C'est le cas lorsque le pilote arrive en courte finale sur une piste chaude (par forte chaleur). Ce phénomène, appelé "gradient de température" va enfoncer l'avion, la masse volumique de l'air étant plus faible à cet endroit. Le pilote contrera ce phénomène en augmentant l'incidence : il compensera ainsi une diminution de l'un des paramètres (la masse volumique) par l'augmentation d'un autre paramètre (l'incidence).
5.2.2 Surface alaire et allongement
Les ailes sont à l'origine de la portance, c'est-à-dire de la force aérodynamique qui permet à l'appareil de se maintenir dans les airs. La portance augmente avec la surface alaire mais aussi avec la vitesse de l'aéronef. On peut donc dire que plus un avion va vite, moins il a besoin d'une surface alaire importante. D'autre part, la surface alaire est bien sûr fonction de la taille de l'appareil et adaptée à sa fonction. Ainsi, dans un souci de maniabilité extrême, les avions de voltige aérienne et les avions de chasse ont des ailes d'une superficie réduite. A l'opposé, un planeur dispose d'une surface alaire aussi vaste que le permet la structure générale de l'appareil.
Lorsque les autres paramètres restent constants, la résultante aérodynamique RA est proportionnelle à la surface alaire.

Sur certains avions, il est possible de modifier la surface de l'aile, grâce à l'utilisation de volets particuliers, appelés volets Fowler.
L 'allongement (
) est le rapport de l 'envergure d 'une aile d'avion (longueur mesurée d'une extrémité d'aile à l'autre) sur la longueur de la corde moyenne, c'est à dire, la distance séparant le bord d'attaque du bord de fuite. En augmentant l 'allongement d 'une aile on améliore ses qualités aérodynamiques à faible vitesse. En effet, augmenter l'allongement permet de diminuer la longueur de la corde de l'aile par rapport à l'envergure totale. Or, le tourbillon marginal générateur d'une traînée appelée traînée induite apparait précisément à l'extrémité d'aile.

Allongement = envergure / corde moyenne
C'est ce phénomène qui conduit à l'extrême allongement des planeurs. Sur les meilleurs planeurs, l 'allongement dépasse 20. En revanche, on peut se limiter à un allongement inférieur à 3 sur un appareil supersonique dont la maniabilité à faible vitesse est de ce fait compromise.

L'allongement est choisi en fonction des performances souhaitées
5.2.3 L'état de surface de la cellule
5.3 Les paramètres pilotés
5.3.1 La vitesse
La résultante aérodynamique est proportionnelle au carré de la vitesse. Si le pilote doublait la vitesse sans modifier aucun autre paramètre, la résultante aérodynamique serait multipliée par 4, ce qui n'est pas envisageable dans la pratique, puisque la portance reste quasiment constante pendant tout le vol (y compris en montée ou en descente).
Ainsi, à chaque modification de vitesse, le pilote agit sur un autre paramètre piloté (l'incidence, par exemple) pour maintenir la portance constante.
5.3.2 L'incidence
Lorsque l'incidence augmente, les coefficients CZ et CX augmentent aussi. CZ passe par une valeur maximum pour une incidence de l'ordre de 15° à 18° pour les avions légers (CZ MAX), puis décroît brusquement. On dit alors que l'aile décroche. Dans le même temps, CX augmente.
Dans la réalité du pilotage, du fait de la portance constante, la vitesse et l'incidence sont intimement liées l'une à l'autre. En effet, en palier (vol horizontal), la portance reste quasiment constante car elle compense le poids de l'avion. Si la vitesse augmente, la portance augmente également. Le pilote qui souhaite que son avion reste en palier doit maintenir la portance constante. Il doit donc diminuer l'incidence. Autrement dit, lorsque la vitesse augmente, le pilote diminue l'incidence pour maintenir l'avion en palier. Et réciproquement, lorsque la vitesse diminue, le pilote augmente l'incidence pour rester en palier.
6. Etude de la polaire - décrochage - finesse
6.1 Description et intérêt de la polaire
La polaire un graphique représentant l'évolution de Cz et Cx (coefficients aérodynamiques) avec l'incidence. Elle indique les caractéristiques de la voilure et permet de la comparer avec d'autres. Le but recherché étant d'obtenir le maximum de portance pour le minimum de traînée.En abscisse on trouve les Cx, et en ordonnées les Cz.A chaque valeur de l'incidence correspond une valeur de CZ et une valeur de CX.
Cz : aptitude de l'aile à transformer en portance les pressions exercées sur elle par les filets d'air qui la contournent, reflète l'aptitude de l'avion se maintenir en l'air malgré son poids - coefficient caractéristique de la portance
Cx : coefficient de défaut résiduel, générateur de traînée - coefficient caractéristique de la traînée
Pour que l'avion vole, on cherche à assurer sa sustentation : le Cz doit être tel que la portance compense le poids. On cherche également à minimiser les défauts générateurs de traînée, donc à rendre Cx le plus faible possible.

la polaire indique une valeur limite de l'incidence pour laquelle le Cz est maximum
6.2 Le décrochage
On constate que Cz augmente avec l'incidence jusqu'à un maximum, puis décroit. Lorsque l'incidence a dépassé l'incidence de portance maximale, la valeur de la portance chute, elle ne peut plus compenser le poids de l'avion : l'avion décroche. En général, l'avion décroche toujours à la même incidence.
Cette situation arrive par exemple lorsque la vitesse diminue en deçà d'une certaine limite. Pour maintenir la portance constante, le pilote doit compenser la diminution de vitesse en agissant sur un des autres paramètres pilotés : l'incidence. Il augmente donc l'incidence.
Juste avant le décrochage, la valeur de l'incidence est importante. L'écoulement est tourbillonnaire en aval des ailes.

Le décrochage
La gouverne de profondeur peut se trouver dans un air turbulent et des vibrations se font alors sentir dans les commandes. Ces vibrations sont sur certains avions (mais pas sur tous), l'un des premiers symptômes de l'approche du décrochage.
Attention : le décrochage est dû à une incidence trop forte et non à une certaine vitesse !
Le geste qui sauve près du sol : pour se sortir du décrochage, il faut retrouver une portance qui compense efficacement le poids. Pour cela, il faut agir en même temps sur deux paramètres (liés au demeurant) qui sont à l'origine du phénomène de décrochage : l'incidence et la vitesse. On augmentera donc la puissance tout en diminuant l'incidence.
6.3 La finesse
La finesse permet de quantifier les performances aérodynamique d'un avion.
En construisant un avion, on cherche à fabriquer un système capable de créer une force portante qui s'oppose à son poids tout en ne consommant pas trop d'énergie, autrement dit un système qui crée de la portance et qui ne génère pas trop de traînée.
La finesse est égale au rapport Portance / traînée.
Finesse = Distance (D) / Hauteur (H) = Portance / Traînée = Rz / Rx = Cz / Cx
Pour un même avion, la finesse (rapport entre le Cz et le Cx ) varie en fonction de l'incidence. Elle connaît une valeur maximum que l'on appelle finesse max pour une certaine valeur de l'incidence. C'est à l'incidence de finesse maximale que l'aile à les meilleures performances aérodynamiques : on utilisera la vitesse que donnera Cz / Cx max (finesse maximum) pour rejoindre, par exemple, une zone d'atterrissage éloignée en cas de panne moteur (par vent nul). On trouve cette valeur de vitesse caractéristique à chaque avion dans son manuel de vol. Quant à l'incidence de finesse max, on peut lire cette valeur sur la polaire en prenant la tangente à la courbe au point d'incidence de finesse max :

L'incidence de finesse maximale
L'incidence de finesses max varie légèrement selon que l'on a une composante de vent arrière ou de face. Ainsi, avec un vent arrière, l'incidence doit être plus forte et la vitesse de finesse max est légèrement plus faible que sans vent. Par vent de face, l'incidence doit être plus faible et la vitesse de finesse max légèrement plus forte que sans vent.

Finesse par rapport à la distance parcourue.
A Vi de finesse max, on obtient le meilleur rapport d/h.
Les avions légers les plus courants ont une finesse maximale égale à 8 ou 12 : ils peuvent franchir en plané une distance égale à 8 ou 12 fois leur hauteur.
La finesse est la caractéristique principale d'un planeur. Elle s'exprime en chiffre et représente le quotient de la distance parcourue par rapport à la hauteur perdue. Elle indique donc l'angle de piqué que doit adopter le planeur pour avoir une trajectoire rectiligne à vitesse constante. Les planeurs modernes ont aujourd'hui une finesse autour des 40 contre 25 avant-guerre. Ce résultat a pu être obtenu grâce à l'augmentation de l'envergure des planeurs (jusqu'à 26.40 m, supérieure au Boeing 737) et de l'allongement (profondeur moyenne de l'aile sur la longueur : l'aile doit être longue, étroite et mince pour que le planeur soit performant). Les meilleurs planeurs de compétition ont une finesse qui peut dépasser 60 !
Un Airbus (moteurs coupés), plane à 16 de finesse, c'est à dire qu'il peut parcourir 16 kilomètres à une altitude de départ de 1 000 mètres.
Bord d'attaque
Bord de fuite
Gouverne de profondeur
Incidence
Décrochage
Empennage
Envergure d'un avion
Extrados
Finale
Intrados
Portance
Surface alaire
Tourbillon marginal
Turbulence de sillage
Volets
Cellule d'un avion
Manuel de vol
Dépression atmoshpérique
Trainée
Volet fowler
Réaction n°11 |
par webmaster le 21/03/2013 @ 10:01 |
Bonjour Lorca, Merci pour votre remarque. Effectivement, il y a eu inversion. C'est corrigé. | |
Réaction n°10 |
par Lorca le 21/03/2013 @ 00:28 |
euh, concernant la photo du volet Fowler, il me semble que c'est celle d'un aérofrein, non ? Les volets Fowler, ça n'est pas plutôt ça ? : http://aviatechno.free.fr/constellation/images/fowler_01.jpg | |
Réaction n°9 |
par Jeannedarc1 le 03/01/2013 @ 22:18 |
Bonjour. Permettez moi une remarque au sujet des écoulements d’air autour de l’aile.Vous ne mentionnez pas assez la surpression intrados, en fait la 3eme de Newton.Pour obtenir la portance, l’aile doit dévier vers le bas une masse d’air importante.Sinon, le reste OK.Georges. | |
Réaction n°8 |
par webmaster le 05/01/2011 @ 18:24 |
Commentaire fort intéressant gecko. Il semble qu'il y ait deux versions quant à l'origine de la sustentation. Dans les commentaires sur l'article le décrochage et la sustentation, Chatlibre m'indiquait qu'elle provenait au contraire de la différence de distance parcourue par l'air entre l'extrados et l'intrados. Si je me réfère au Manuel du pilote privé des éditions Cépaduès, c'est également cette version qui est donnée... Tous commentaires ou références supplémentaires sont les bienvenus... | |
Réaction n°7 |
par gecko le 13/12/2010 @ 17:31 |
Je trouve dans cet article par ailleurs excellent une erreur fort répandue. Je cite : Or, l'extrados de l'aile est contraint à un parcourt plus long, donc à une plus grande vitesse S'il est vrai que la vitesse est plus grande à l'extrados qu'à l'intrados, ce n'est pas parce que le parcours est plus long. J'avais déja relevé cette erreur sur le site d'une amie pilote de planeur et j'y avais fait une réponse qu'elle a inclus sur ce site qu'on peut consulter à l'adresse http://planeur.over-blog.org/pages/Robert_Ehrlich_repond_sur_laeromecavol-843698.html. Dans la mesure où je suis l'auteur de cette contribution, l'auteur de l'article ci-dessus a mon plein accord pour utiliser tout ou partie de la chose pour l'intégrer dans cet article | |
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